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Les colos en danger

Une petite fille sur la plage

L'arrêt de la Cour Européenne de Justice pourrait priver de vacances collectives près de 4 millions d'enfants.

Un arrêt de la Cour Européenne de Justice rendu en octobre 2010 fait peser de lourds risques sur le devenir du Contrat d'engagement éducatif. C'est sous ce statut que sont embauchés les directeurs et animateurs de colonies de vacances.


Publié le 22/04/2011
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Les colonies de vacances sont un temps d’exception. D’abord parce qu’il s’agit de jeunes encadrés par d’autres jeunes et qu’il résulte toujours de cette singularité des souvenirs et des apprentissages, pour les uns comme pour les autres. Ensuite parce qu’elles ne durent qu’un temps à l’instar de ses fleurs d’été qui disparaissent dès que les rayons du soleil se font plus rares. Et puis surtout parce que les colos (et les centres de loisirs) permettent encore à près de trois millions d’enfants de partir en vacances, années après années.

L’éducation populaire ne date pas d’hier et petit à petit, l’Etat a pris la mesure de ce secteur, certes très saisonnier, en le règlementant fortement tout en laissant la possibilité aux organisateurs militants de ne pas enfermer les enfants dans des sphères capitonnées. Il a également fallu trouver un statut à tous ces animateurs et directeurs, qui se relayent inlassablement pour encadrer et éduquer cette jeunesse. Depuis 2006, il a été instauré un contrat d’engagement éducatif permettant de déroger au code du travail sur nombre de points tout en instaurant une durée maximum annuelle pour ce type de contrat (80 jours par an) et en reconnaissant l’engagement sous-jacent.

Continuité éducative

Or aujourd’hui, la Cour de Justice de l’Union Européenne rappelle à la France qu’au vu des dérogations autorisées (et notamment l’absence de repos quotidien de 11h par jour), la limite des 80 jours par an n’est pas une garantie suffisante pour protéger les salariés. Ce faisant, c’est toute l’architecture des colonies de vacances qui est remise en cause. Comment encadrer un groupe d’enfant 24h sur 24 s’il faut changer d’animateur en milieu de journée ? Comment permettre aux enfants les plus défavorisés de continuer à partir si le prix des séjours augmente de 30% avec l’attribution de nombreux repos compensateurs ? Ou pire, comment tout simplement continuer à organiser des colonies de vacances s’il faut rémunérer au SMIC les encadrants sur la base d’un CDD classique, ce qui aurait pour effet de multiplier la masse salariale par 10.

Devant cet état de fait, nous ne pouvons rester impassibles au moment où l’Etat réfléchit à la façon de se mettre en conformité avec la réglementation européenne. Il est urgent de reconnaitre pleinement le formidable engagement d’un animateur lorsqu’il choisi de travailler en colo plutôt qu’au supermarché et de lui associer un statut de volontaire. Il ne doit pas être un bénévole, mais ne peut pas non plus être considéré comme un véritable salarié.

Aller vers un statut de volontaire

Les indemnités doivent être revalorisées bien sûr, (à titre d’exemple, la plupart des animateurs gagnent actuellement entre 25 et 40 € brut par jour) mais cela ne sera possible que si l’on supprime les charges sociales associées, qui de plus sèment ici le trouble sur le statut choisi. L’animateur doit être reconnu comme un volontaire, de la même façon que certains de nos pompiers. Cela lui permettra d’assurer pleinement ses fonctions malgré les contraintes inhérentes qui ne pourraient être supportées à longueur d’année, sans créer d’animation professionnelle précaire, qui reste et doit rester un tout autre domaine.

Les colonies de vacances sont une des dernières expériences de vie en collectivité pour notre jeunesse, permettant à la notion du « vivre ensemble » de prendre sens dans notre société qui en manque parfois cruellement. Il est de notre responsabilité, organisateurs, directeurs, animateurs, militants, parents, de les défendre tant leurs bienfaits ne sont plus à prouver.



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