05/03/2012 : Wakanga vient de publier son nouveau projet éducatif 2012-2014.
Au programme : des intentions éducatives revisitées et précisées,
un contenu étoffé et une nouvelle mise en page ! A feuilleter en
ligne ou ŕ commander sur papier.
Un
arrêt de la Cour Européenne de Justice rendu en
octobre
2010 fait peser de lourds risques sur le devenir du Contrat
d'engagement éducatif. C'est sous ce statut que
sont
embauchés les directeurs et animateurs de colonies de
vacances.
L'arrêt
de la Cour Européenne de Justice pourrait priver de vacances
collectives près de 4 millions d'enfants.
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Publié le 22/04/2011 à 19h01
Les colonies de vacances sont un temps d’exception.
D’abord parce qu’il s’agit de jeunes encadrés
par d’autres jeunes et qu’il résulte toujours de
cette singularité des souvenirs et des apprentissages, pour les
uns comme pour les autres. Ensuite parce qu’elles ne durent
qu’un temps à l’instar de ses fleurs
d’été qui disparaissent dès que les rayons
du soleil se font plus rares. Et puis surtout parce que les colos (et
les centres de loisirs) permettent encore à près de trois
millions d’enfants de partir en vacances, années
après années.
L’éducation populaire ne date pas d’hier et petit
à petit, l’Etat a pris la mesure de ce secteur, certes
très saisonnier, en le règlementant fortement tout en
laissant la possibilité aux organisateurs militants de ne pas
enfermer les enfants dans des sphères capitonnées. Il a
également fallu trouver un statut à tous ces animateurs
et directeurs, qui se relayent inlassablement pour encadrer et
éduquer cette jeunesse. Depuis 2006, il a été
instauré un contrat d’engagement éducatif
permettant de déroger au code du travail sur nombre de points
tout en instaurant une durée maximum annuelle pour ce type de
contrat (80 jours par an) et en reconnaissant l’engagement
sous-jacent.
Or aujourd’hui, la Cour de Justice de l’Union
Européenne rappelle à la France qu’au vu des
dérogations autorisées (et notamment l’absence de
repos quotidien de 11h par jour), la limite des 80 jours par an
n’est pas une garantie suffisante pour protéger les
salariés. Ce faisant, c’est toute l’architecture des colonies de vacances qui est remise en cause.
Comment encadrer un groupe d’enfant 24h sur 24 s’il faut
changer d’animateur en milieu de journée ? Comment
permettre aux enfants les plus défavorisés de continuer
à partir si le prix des séjours augmente de 30% avec
l’attribution de nombreux repos compensateurs ? Ou pire, comment
tout simplement continuer à organiser des colonies de vacances
s’il faut rémunérer au SMIC les encadrants sur la
base d’un CDD classique, ce qui aurait pour effet de multiplier
la masse salariale par 10.
Devant cet état de fait, nous ne pouvons rester impassibles au
moment où l’Etat réfléchit à la
façon de se mettre en conformité avec la
réglementation européenne. Il
est urgent de reconnaitre pleinement le formidable engagement
d’un animateur lorsqu’il choisi de travailler en colo
plutôt qu’au supermarché et de lui associer un
statut de volontaire. Il ne doit pas être un
bénévole, mais ne peut pas non plus être
considéré comme un véritable salarié.
Les indemnités doivent être revalorisées bien
sûr, (à titre d’exemple, la plupart des animateurs
gagnent actuellement entre 25 et 40 € brut par jour) mais cela ne
sera possible que si l’on supprime les charges sociales
associées, qui de plus sèment ici le trouble sur le
statut choisi. L’animateur doit être reconnu comme un
volontaire, de la même façon que certains de nos pompiers.
Cela lui permettra d’assurer pleinement ses fonctions
malgré les contraintes inhérentes qui ne pourraient
être supportées à longueur d’année,
sans créer d’animation professionnelle précaire,
qui reste et doit rester un tout autre domaine.
Les colonies de vacances
sont une des dernières expériences de vie en
collectivité pour notre jeunesse, permettant à la notion
du « vivre ensemble » de prendre sens dans notre
société qui en manque parfois cruellement.
Il est de notre responsabilité, organisateurs, directeurs,
animateurs, militants, parents, de les défendre tant leurs
bienfaits ne sont plus à prouver.