Qui sont les
adultes qui travaillent dans un séjour de vacances ? Quel
est leur rôle au quotidien auprès des enfants ? La
série "Ils font la colo" lève le voile sur la
question.
Novembre 2008 (1/6) -
Louise, assistante sanitaire
L'antichambre des soins
Assistante
sanitaire, son rôle se limite en théorie aux soins
bénins. Mais Louise se fait aussi chirurgienne des
cœurs
brisés et diététicienne dans
l’arrière-cuisine de la colo.
La scène est immuable. Comme tous les soirs depuis le
début de la colo, Valentin a poussé la porte de
l’infirmerie et s’est effondré dans les
bras de
Louise. La perspective du coucher et les prémisses de la
nuit
auront été fatales au benjamin de cette colo,
implantée dans le Morbihan. Louise, l’assistante
sanitaire
du centre – celle que les enfants appellent par
commodité
"l’infirmière" ou "la médecin"
– attrappe un
Kleenex salvateur avant de plonger sa main dans la tignasse de
Valentin. Quelques mots rassurants chuchotés à
l’oreille et voilà le gaillard remis
d’aplomb,
prêt à aller se coucher.
Polyvalence
"Ses
angoisses ne durent jamais longtemps, témoigne
Louise. Il
se plaît beaucoup dans les activités, il
s’est fait
des copains dès son arrivée. Mais le soir, tout
remonte
à la surface. Papa, Maman, la maison... même la
Playstation"
raconte-t-elle, avant de partir dans un grand éclat de rire.
En
poste depuis dix jours, Louise est en charge du suivi sanitaire des
enfants. Décryptage de
l’intéressée : "J’administre les
médicaments, je soigne les intrépides et je
remplis les trousses pharma !"
Elle se lève pour ranger quelques produits, laissant
entrevoir
dans l’armoire à pharmacie un grand stock de
pansements,
de compresses et de désinfectants. "Depuis
que la colo a commencé, je n’y ai presque pas
touché. C’est un centre où les enfants
ne se
blessent pas", s’amuse Louise. Avant de venir,
au
téléphone, on nous avait pourtant
décrit une colo
où les enfants bougeaient pas mal... "C’est vrai,
corrige l’assistante sanitaire. Ils
se dépensent beaucoup à la plage ou sur les
terrains
à côté du centre. Mais ils ont leur
quota de
sommeil. Et des enfants reposés, ce sont des enfants qui se
blessent moins".
Sensibiliser
l'équipe
Elle est intervenu devant ses collègues sur ce sujet, il y a
quelques jours, lors d’une réunion de
l’équipe d’animation. "Il
faut répéter aux animateurs que même en
vacances,
les enfants doivent se coucher à une heure raisonnable, car
la
tendance est parfois de repousser l’extinction des feux".
C’est un autre volet, moins visible mais tout aussi
important, de
son travail. En sa qualité d’observatrice, Louise
voit
beaucoup de détails que les animateurs oublient. Le rythme
de
vie, l’hygiène ou encore la composition des
repas...
L’assistante sanitaire garde un œil sur tous ces
paramètres qui influent directement sur la santé
des
enfants.
Et puis, comme avec Valentin, l’assistante sanitaire passe
beaucoup de temps à écouter les enfants. Tour
à
tour conseillère du cœur – "Comment je peux savoir
s’il m’aime aussi ?" – et
experte en questions de puberté – "Léo, il est plus
jeune que moi et il a déjà des poils,
c’est normal ?", elle rassure un peu et explique
beaucoup. "Les
enfants demandent en colo des choses qu’ils n’osent
pas
demander à leurs parents. S’ils
s’apprennent
beaucoup mutuellement, on sent qu’ils ont besoin de
confronter
leur avis à celui d’un adulte".
Minuit passé, la discussion aurait pu se poursuivre. Mais
Louise
a été appelée pour un mal de
tête
persistant. Demain, elle sera sur le pont dès 8h. Comme tous
les
jours de la semaine.